Les émotions sont liées à des réactions physiologiques (mains moites, coeur qui bat plus vite, sensation de compression de la cage thoracique,…).

Il existe aujourd’hui de nombreuses méthodes pour mesurer les émotions (mesure electrodermale, FACS, fréquence cardiaque et respiratoire …) Dans cet article, j’évoquerai celle que j’aime le plus utiliser : la caméra thermique.

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Source : Article JOLpress

Vous le savez, je me méfie du déclaratif et encore plus quand il s’agit d’émotions. Les travaux en psychologie (Bem, Schachter, Valins… ) montrent que nous avons tendance à mal attribuer nos émotions* a posteriori. Alors, lorsqu’en plus, il y a des enjeux (situation de test produit ou d’étude),… il faut prendre avec des pincettes les propos des testeurs ou des clients.

Que peut-on mesurer avec la caméra thermique ? 

  • l’émotion que suscite des mots (performance, vanité, luxe,…), une phrase,
  • l’émotion que suscite des images, des sons, des vidéos, du toucher, des couleurs, une police typo….
  • l’émotion suscitée par des situations (environnement, personnes présentes,…)

Cette technique est idéale pour valider une charte graphique !

Comment ça marche ?

Procédure thermique faciale

On montre d’abord des images ou des mots neutres pour étalonner la réaction de l’utilisateur

neutre
neutre

Puis on présente les images que l’on veut analyser pendant quelques secondes. On observe les réactions (dynamiques et statiques) car le sang afflue dans certaines parties du visages.

3 types de réactions peuvent survenir :

  • Pas de réaction (l’image ne provoque pas ou peu d’émotions, elle n’attire pas, ne favorise pas la mémorisation du message, …)
  • Réaction ambivalente ou clivante (certaines personnes réagissent vivement, d’autres pas du tout ou à l’opposé)
  • Forte réaction (l’image suscite beaucoup d’émotions)

Voici quelques exemples :

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Emotion positive d’intensité moyenne
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Emotion forte et clivante (on aime ou on déteste)

PERFORMANCE

(mot clivant : on aime ou on déteste)

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Image plutot neutre

Lors que l’image est clivante  il est intéressant de savoir à qui elle parle et qui elle fait fuir. Par exemple le mot PERFORMANCE parle aux sportifs, aux compétiteurs, aux ambitieux, et plutot aux hommes … mais fait fuir les personnes empathiques et souvent les femmes.

Certains éléments du langage graphique peuvent être incohérents entre eux (couleur qui apaise + mots qui stimule + image attirante = INCOHERENCE), le client le sentira et éprouvera une sensation désagréable.

Précautions : 

  • La mise en oeuvre de cette technique nécessite un environnement maîtrisé (pas de courant d’air,…) et l’immobilité du sujet (les mesures sont très fines)
  • On ne peut pas  montrer trop d’images car il y a un phénomène d’habituation (de même il existe un phénomène de primauté)
  • Une cinquantaine de personnes sont souvent nécessaires
  • Idéalement, il faut ensuite interviewer pour creuser les raisons de ses émotions.

 

*Théorie de l’attribution émotionnelle : l’homme va chercher dans son environnement des raisons pour expliquer son état physiologique souvent à tort.

 

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